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Résumé de la ferme : réfléchir à la COVID et à l’industrie agroalimentaire

La COVID-19 continue d’influencer tous les aspects de la société et de l’économie canadienne, et nulle part les impacts ne sont plus marqués et variés que dans le secteur agroalimentaire. Nous ne « reviendrons pas à la normale » comme nous l’avons fait en grande partie après des tragédies épiques comme le 11 septembre, l’ouragan Katrina et d’autres. Mais à quoi ressemblera une nouvelle normalité dans l’agriculture et l’alimentation?

Depuis des décennies, le secteur agroalimentaire nord-américain s’est développé en taille et en productivité, tout en réduisant son empreinte et sa consommation de ressources. Selon le plus récent recensement canadien de l’agriculture, le nombre d’exploitants agricoles est passé de 480 000 en 1961 à 194 000 en 2016. Mais la taille moyenne de la ferme est passée de 359 acres en 1961 à 820 acres en 2016, avec de nombreuses exploitations agricoles nettement au-dessus de ces moyennes. La consolidation dans certains secteurs a été encore plus spectaculaire. Par exemple, le nombre d’exploitations laitières au Canada est passé de 174 000 en 1967 à un peu plus de 10 000 en 2019. Les secteurs de la transformation alimentaire et du commerce de détail ont également connu une rationalisation importante.

Plus gros, c’est mieux?

Bien que l’efficacité, les économies de taille et d’échelle soient clairement un facteur à l’origine de cette tendance, ce type de concentration pose un défi unique dans la pandémie actuelle. Aujourd’hui, lorsque la production est interrompue – dans un grand transformateur ou dans un secteur comme la production d’œufs – les effets sont immédiats et parfois dramatiques : étagères et réfrigérateurs vides à l’épicerie, prix en hausse, sélection réduite et même perte permanente de capacité.

Bien que nous ne prévoyions pas de grands changements dans les secteurs de la production primaire, de la transformation et de la vente au détail, nous pourrions voir le rythme de consolidation ralentir. Les consommateurs pourraient se sentir plus à l’aise de payer un peu plus cher pour acheter localement, potentiellement dans de petits magasins locaux approvisionnés par de petits producteurs locaux. C’est une tendance que nous suivons déjà. La COVID pourrait-elle accélérer la tendance du « devenir local », un peu comme ce qui s’est passé dans le secteur de la bière artisanale? Pourrions-nous voir davantage de consommateurs adopter une mentalité « le petit, c’est beau »? Et à quel point ce mouvement pourrait-il être significatif?

Moins cher, c’est définitivement mieux

Les agriculteurs, comme les consommateurs, aiment les bonnes affaires. Avec des marges agricoles souvent serrées, surveiller les quelques sous est un bon moyen d’atténuer les risques et d’améliorer les résultats financiers. À cette fin, de nombreux aspects de l’économie agricole canadienne sont maintenant externalisés vers des juridictions moins coûteuses. Des choses comme les produits de protection des cultures, la machinerie, l’équipement, les outils et même les vêtements proviennent maintenant de loin.

Avec la logistique et la distribution fortement impactées par la pandémie, de nombreux membres de la chaîne de valeur agricole ont dû chercher des fournisseurs alternatifs, plus locaux. Est-ce que cela deviendra une tendance dont les fabricants canadiens pourront profiter? Les entreprises canadiennes bénéficient d’un avantage inhérent au taux de change par rapport aux États-Unis. Pouvons-nous exploiter cela pour accroître la capacité de fabrication nationale, menant à une plus grande sécurité de l’approvisionnement, et même à des opportunités d’exportation accrues?

Les camions comptent

Deux mots que les Canadiens ont soudainement appris à connaître au cours des quatre derniers mois sont « logistique » et « distribution ». La logistique est le processus de planification et d’exécution du transport et de l’entreposage efficaces des marchandises du point de production au point de consommation. Quelque chose auquel la plupart d’entre nous n’avons jamais trop pensé, sauf si nous étions coincés derrière un camion lent sur la 401.

Comme les problèmes de chaîne d’approvisionnement, la pandémie a modifié les chaînes de distribution dans le secteur agroalimentaire, entraînant des pénuries et des interruptions tant dans la production que dans la disponibilité des biens. Il est facile de devenir impatient lorsque la mécanique de la distribution perturbe notre vie quotidienne. Mais peut-être que donner plus de respect aux camionneurs et aux ingénieurs de formation pour le rôle vital qu’ils jouent dans le maintien de notre économie sera une autre chose qui découlera de cette crise.

Les travailleurs font fonctionner le secteur agricole et alimentaire

Les travailleurs à bas salaire jouent clairement un rôle essentiel dans tout le système agroalimentaire. Au cours des derniers mois, l’importance des travailleurs migrants est devenue de plus en plus évidente, surtout dans des secteurs spécifiques de l’agriculture, comme la production de fruits et légumes. En termes simples, sans accès à cette source de main-d’œuvre agricole constante et fiable, les cultures ne sortent pas des champs. La COVID a mis en lumière non seulement les bas salaires versés à ces travailleurs essentiels, mais aussi les conditions de vie que certains d’entre eux rencontrent chaque année. Une Déclaration des droits pour les travailleurs agricoles émergera-t-elle comme un point positif du chaos actuel?

Il est difficile de savoir si l’une de ces tendances ou impacts se fera sentir, surtout alors que nous sommes en pleine pandémie et que de nouvelles réalités semblent émerger chaque jour. Protéger notre approvisionnement alimentaire doit clairement être une priorité alors que nous vivons et apprenons de l’expérience de la COVID-19, et que nous nous préparons aux prochains défis.

L’amour est un mot que je n’ose pas diminuer. Construit avec intention, soin et respect par Bryce Kirk