
Tendances en profondeur - Passer en revue le passage de la consommation consciente à la consommation vertueuse
En complément du rapport sur les tendances nutritives 2019, nous faisons le point sur la façon dont les tendances que nous avions prévues et rapportées dans notre publication annuelle se déroulent. Dans cette édition, nous examinons comment les entreprises et les consommateurs s’attaquent aux problèmes liés au gaspillage dans tous les aspects de l’industrie alimentaire.
Là où auparavant une étiquette « provenant localement » ou « produite de façon durable » aurait pu suffire à satisfaire le consommateur attentif, le public est de plus en plus conscient du problème des déchets alimentaires et d’emballages. La consommation vertueuse est l’étape logique suivante, et les producteurs qui n’offrent pas de solutions pourraient commencer à voir leur marché s’éroder.
Les grands noms de l’alimentation commencent à réduire la consommation de plastique
La visionnaire A&W Canada est devenue la première chaîne de restaurants à adopter des pailles en papier compostables. Ils ont habilement annoncé ce changement en utilisant les dernières pailles en plastique pour créer une sculpture à la gare Union de Toronto. C’est une entreprise qui semble bien faire tout ces temps-ci.
Dans le cadre de sa vision d’un avenir sans déchets, Nestlé a annoncé qu’elle rend les emballages Smarties sans plastique dans le cadre de son engagement à utiliser des emballages 100% recyclables ou réutilisables d’ici 2025. C’est assurément une décision intelligente qui crée un exemple d’engagement corporatif destiné au consommateur.
Une nouvelle plateforme créée par TerraCycle nommée « Loop » permet aux consommateurs d’acheter des produits dans des contenants réutilisables, de verser un dépôt remboursable, puis de retourner les contenants à l’épicerie pour une réutilisation ultérieure. P&G, Pepsico et Häagen-Dazs prévoient de tester cette plateforme, surnommée « le modèle du laitier », à Toronto et aux États-Unis par l’entremise d’un détaillant encore non annoncé d’ici la fin de 2019. Pour les amateurs de bière en Ontario, où les bouteilles de bière sont retournées et réutilisées, c’est un modèle familier. Selon le site web de la Beer Store, ce programme a empêché qu’environ 70 milliards de bouteilles de bière ne finissent sur des sites d’enfouissement de l’Ontario. Si vous étiriez toutes ces bouteilles, ce serait environ 25 voyages vers la lune et retour.
Mais, les humains sont des êtres complexes. Comment équilibrer notre désir croissant de commodité et de portabilité alimentaire avec notre désir de réduire le gaspillage tout en assurant la sécurité alimentaire?
Par exemple, essayez de commander n’importe quoi en ligne sans recevoir aussi ce sac polyuréque omniprésent. L’EPA estime que les résidents américains utilisent plus de 380 milliards de sacs et d’emballages en plastique chaque année. La règle des dix placerait le Canada à 38 milliards. De plus, la plupart des repas à emporter utilisent ces contenants noirs en plastique premium mais non recyclables. Sans parler des trousses de repas qui reposent sur beaucoup d’emballages pour protéger chacun de leurs ingrédients. Même une gousse d’ail a son emballage à peau naturelle retirée et placée dans son propre petit contenant en plastique.
Ce sont des exemples comme ceux-ci qui embrouillent la question, rendant difficile pour les consommateurs de savoir à quoi ressemble vraiment ce qu’il faut.
Le gaspillage alimentaire est une priorité pour les consommateurs – mais qui est responsable?
De nombreux reportages très médiatisés récemment ont été écrits sur les déchets plastiques, peut-être parce qu’ils sont si visibles. Mais, en réalité, les consommateurs se concentrent davantage sur le gaspillage alimentaire. Le gaspillage alimentaire est souvent plus tangible parce qu’il touche les résultats financiers personnels. En plus, ça va à l’encontre des valeurs que nos parents nous ont inculquées en grandissant. Les mots « Il y a des enfants affamés dans [insérer ici le nom lointain du pays étranger] qui seraient heureux de manger ça! » vous sonnent-ils familiers?
Les données de Google Trend montrent que l’intérêt des Canadiens pour le gaspillage alimentaire croît rapidement. Des recherches similaires sur le plastique et les déchets d’emballage donnent des résultats beaucoup plus faibles.
Nous avons fait un reportage sur le vaporisateur à base de plantes d’Apeel, qui prétend doubler sa durée de conservation, actuellement testé chez Costco dans notre rapport de tendances. Le Salon alimentaire d’hiver de luxe 2019 a présenté les biomatériaux de Cambridge Crops pour prolonger la durée de conservation. Ils auraient développé un revêtement inodore, insipide, invisible et comestible pour les produits et protéines fabriqués à partir de fibroine de soie.
De plus en plus d’entreprises prennent la relève à mesure que ce problème s’aggrave auprès des consommateurs. Bien que des études antérieures aient conclu que les consommateurs sont responsables de la majorité du gaspillage alimentaire, une étude canadienne récente, publiée le mois dernier par Second Harvest Food Rescue et Value Chain Management International, rejette la faute sur l’industrie alimentaire. Incroyablement, 58% de toute la nourriture produite est soit gaspillée, soit perdue – et l’industrie alimentaire est responsable de 86% de la perte totale.
Starbucks a annoncé son programme FoodShare au Canada plus tôt ce mois-ci. Le géant du café s’est engagé à sauver 100% des aliments disponibles pour le don de ses plus de 1 100 magasins appartenant à l’entreprise. En plus de lutter contre la faim, le programme FoodShare de Starbucks détournera le surplus alimentaire des sites d’enfouissement, contribuant ainsi à minimiser l’empreinte environnementale de l’entreprise.
Comment votre entreprise peut-elle réagir à ce changement d’orientation vers le consommateur?
- Facilitez la recherche d’informations sur la réduction du gaspillage alimentaire sur votre site web, vos réseaux sociaux, votre colis ou votre signalisation. En d’autres mots, raconter des histoires. Il est plus facile pour les consommateurs de s’identifier à des événements réels et des résultats humains qu’à des faits et statistiques secs.
- Les acheteurs achètent plus fréquemment de petites quantités, en partie pour éviter de gaspiller de la nourriture. Ils s’intéressent particulièrement aux collations qui peuvent devenir des repas, comme le fromage de haute qualité, les aliments préparés et les aliments riches en nutriments que l’on peut diviser et emporter.
- Dans les restaurants, les consommateurs veulent des menus flexibles et dégroupés qui ne les forcent pas à faire des choix moins idéaux. Des portions excessives ne sont pas toujours perçues comme une valeur ajoutée. Par conséquent, augmenter la taille des portions, permettre de ramener les restes à la maison dans un emballage écologique est un véritable avantage.