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Mise à jour sur les tendances agricoles canadiennes

Dans le rapport sur les tendances du réseau Nourish 2019, nous avons exploré onze tendances critiques que nous pensions avoir un impact sur l’écosystème de l’industrie alimentaire canadienne cette année. Parmi elles figuraient trois tendances spécifiques à l’agriculture : les changements dans l’industrie agroalimentaire internationale du Canada, le passage à l’agriculture de précision et un changement de confiance publique envers l’agriculture canadienne.

À l’approche de 2020, nous suivons comment ces tendances agricoles canadiennes évoluent.

Le commerce rend l’économie difficile dans le secteur agroalimentaire

Le commerce international des produits agricoles canadiens a peut-être été le principal moteur de la santé du secteur agroalimentaire canadien en 2019. Récemment, la relation de longue date du Canada avec la Chine a été problématique. Les tensions politiques liées aux relations entre les États-Unis et la Chine ont freiné les exportations canadiennes de nombreux produits agricoles, notamment le soja, le canola et les produits carnés.

Dans un article récent, le Financial Post note que les agriculteurs canadiens sont en train de récolter environ 6 millions de tonnes de soya. Avec la fermeture du marché chinois et le risque d’être évincés d’autres marchés par les États-Unis, les agriculteurs ont peu de vers qui se tourner. Il reste à voir si le gouvernement canadien offrira une quelconque aide aux producteurs canadiens de soja touchés par l’embargo, comme cela s’est produit aux États-Unis. Selon le Post, le paquet d’aide de 28 milliards de dollars US provenant de Washington a réduit la pression des guerres commerciales pour de nombreux agriculteurs américains. Pour les producteurs américains de soya, l’aide a fait grimper le prix du marché à environ 10,13 $ US/boisseau, leur permettant de vendre à des prix si bas que les producteurs canadiens ont du mal à concurrencer.

Il y a de bonnes nouvelles sur le front de la viande – le 5novembre, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la levée de l’interdiction chinoise d’importation de porc et de bœuf canadiens. L’interdiction coûte certainement cher aux producteurs canadiens de bétail; Les producteurs de porc canadiens exportent environ 20% de leur production vers la Chine, ce qui en fait le deuxième plus grand marché pour les produits porcins canadiens.

Les effets financiers complets sur l’économie agricole canadienne ne sont pas encore connus, mais on s’attend à ce qu’ils soient importants. Avec des relations avec la Chine qui ne sont pas encore stabilisées et l’accord proposé Canada-États-Unis-Mexique (CUSMA) toujours à ratifier, on s’attend à ce que le commerce continue d’être un enjeu principal en 2020.

À la tête avec l’agriculture de précision

Nous avons de bonnes nouvelles à ce sujet. Les entreprises canadiennes jouent un rôle de premier plan dans le développement de nouvelles technologies agricoles de précision qui profitent aux producteurs au Canada et partout dans le monde.

L’agriculture de précision utilise des technologies de collecte de données (comme les drones, les images satellites et les capteurs), l’analytique et le contrôle précis des applications pour optimiser l’utilisation des intrants agricoles. Adapter les pratiques agricoles aux besoins spécifiques du sol et des cultures apporte des avantages économiques, agronomiques et environnementaux.

Un fermier volant un drone au-dessus du champ

Selon Paul Shorthouse du Delphi Group, alors que le secteur agroalimentaire canadien est en croissance, les risques environnementaux liés à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et d’autres impacts comme le ruissellement des nutriments dans les cours d’eau augmentent également. C’est là que l’agriculture de précision s’intègre parfaitement – optimisant les pratiques de gestion des fermes et l’utilisation des intrants, et profitant ultimement à la fois à la production agricole et à l’environnement.

CropLife Canada a identifié plusieurs domaines où l’agriculture de précision rapporte déjà des bénéfices aux agriculteurs canadiens :

Drones – utilisés pour capturer des images haute résolution et fournir des données en temps réel aux agriculteurs, permettant une surveillance continue d’une culture de la plantation à la récolte, sous presque toutes les conditions météorologiques.

Capteurs – placés dans les champs pour recueillir les données des cultures et évaluer la santé des cultures. Ils aident aussi à l’analyse des sols, utilisant des données recueillies dans différentes zones d’une ferme pour déterminer les niveaux de nutriments et d’eau du sol tout au long de la saison de croissance afin d’aider les agriculteurs à savoir quand et où des intrants supplémentaires sont nécessaires.

Machinerie de précision – équipement utilisant des données fournies par des drones, des capteurs ou des données saisies manuellement pour déterminer les quantités exactes de pesticides et d’autres intrants dont une culture dans une région spécifique a besoin. Le guidage GPS permet d’appliquer ciblées les pesticides aux bons endroits, augmentant l’efficacité agricole afin de s’assurer que les pesticides et autres intrants ne soient appliqués que là où c’est nécessaire.

Variétés de semences améliorées – adaptées à des zones géographiques spécifiques pour aider les cultures à prospérer face aux changements climatiques, aux pressions des ravageurs et à d’autres stress physiques ou biologiques.

Il est difficile d’obtenir une mesure précise de l’adoption de l’agriculture de précision, mais à en juger par le nombre de start-ups dans ce secteur et l’intérêt des sociétés de capital-risque et des investisseurs, le passage à l’agriculture de précision semble s’orienter sur une bonne voie pour une croissance future et une adoption grand public.

Pousser à une plus grande confiance du public envers l’agriculture canadienne

Une tendance préoccupante émerge autour de la confiance alimentaire/agricole et des consommateurs canadiens. Le grand public, bien qu’il s’intéresse plus que jamais à sa nourriture, s’est éloignée de plus en plus de l’endroit où elle est cultivée, produite et transformée. Ces consommateurs « déconnectés » ont une perception de la façon dont la nourriture est ou devrait être cultivée qui ne reflète souvent pas la réalité de l’agriculture et du système alimentaire du Canada.

La confiance érodée du public est préoccupante pour le secteur agricole canadien. Elle est suffisamment significative pour que le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire du gouvernement fédéral ait mené une étude sur la perception publique du secteur agricole et agroalimentaire canadien. L’objectif est d’examiner et d’analyser les défis et les opportunités pour le secteur, les mesures prises tant par l’industrie que par le gouvernement pour bâtir la confiance du public, ainsi que les autres actions qui méritent d’être envisagées. Selon les mots de l’Union nationale des agriculteurs, « Le Comité souhaite également ouvrir la conversation entre agriculteurs, éleveurs et producteurs, ainsi que la société civile afin de briser les silos qui persistent dans le secteur agricole. »

L’étude n’est pas complète, mais le fait que le gouvernement considère ce sujet comme une priorité indique fortement que c’est une tendance à surveiller.

D’autres groupes, en particulier le Centre canadien pour l’intégrité alimentaire (CCFI), continuent de travailler à trouver des moyens de mieux connecter les agriculteurs, les transformateurs, les détaillants et les consommateurs, et de bâtir la confiance et la confiance envers notre système alimentaire.

Nous ferons un rapport sur les faits saillants et les nouvelles tendances agricoles canadiennes du Sommet annuel de la confiance publique du CCFI, tenu les 13 et 14 novembre à Saskatoon, dans un futur rapport Nourish. Restez à l’écoute!

L’amour est un mot que je n’ose pas diminuer. Construit avec intention, soin et respect par Bryce Kirk