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Parler franchement de l'avenir du marketing commercial du cannabis au Canada

Au cours des derniers mois, il y a eu, à juste titre, un certain engouement au Canada autour d'une date précise. Il ne s'agit pas d'un jour férié à venir, ni des débuts de Kawhi Leonard avec les Raptors. La date d'aujourd'hui a été le sujet de prédilection des spécialistes du marketing, des journalistes et des passionnés. Alors que l'enthousiasme continue de monter à quelques jours seulement de la sanction royale de la Loi sur le cannabis, les acteurs de l'industrie alimentaire ont encore plus de questions que de réponses.

Qu'est-ce que cela signifiera pour le Canada après le 17 octobre?

Le 15 octobre, lors de l'événement « Guide des produits comestibles et boissons infusés au cannabis » du FIRST (Food Innovation and Research Studio) du Collège George Brown, des entrepreneurs du cannabis, des avocats, des producteurs et des professionnels de l'industrie alimentaire se sont réunis pour un séminaire couvrant les aspects connus et inconnus du marché des produits comestibles infusés au cannabis.

L'événement d'une journée a débuté par une conférence de The Herbal Chef en personne, Chris Sayegh. Connu pour avoir révolutionné l'expérience de la haute cuisine à Los Angeles avec sa série de dîners infusés aux herbes, Chris sublime ses plats en superposant à chaque plat des terpènes, les composés présents dans toutes les plantes qui leur confèrent leur arôme et leur saveur distinctifs, et des cannabinoïdes, soit le composant psychoactif du cannabis (THC), soit le CBD non psychoactif qui est censé aider à lutter contre l'anxiété et à contrecarrer les effets du THC. Sur une période d'environ 2 heures, les plats sont agrémentés d'infusions de CBD et de THC finement élaborées pour créer une expérience agréable et propice à la socialisation. Chaque dîner étant dosé avec jusqu'à 10 mg de THC, l'expérience promet un agréable effet similaire à celui d'une soirée à boire du vin.

Mais, bien que la vente et la consommation de produits comestibles soient légales dans d'autres régions de l'Amérique du Nord, elles sont largement non réglementées. Alors, qu'est-ce qui sera légal à partir de cette semaine? Selon le ministère de la Justice, les Canadiens pourront désormais acheter et partager jusqu'à 30 grammes de cannabis séché, frais ou d'huiles de cannabis liquéfiées. La culture de jusqu'à 4 plants de cannabis par résidence sera également autorisée pour un usage personnel. La nouvelle réglementation prévoit en outre la création personnelle de produits infusés au cannabis comme les aliments et les boissons. Cependant, elle en interdit la vente.

Ce que nous savons sur les produits comestibles

Alors que la date spéculée pour la légalisation des produits comestibles est encore dans au moins un an selon le gouvernement du Canada, les entrepreneurs profitent de ce temps pour combler les lacunes de l'inconnu. Les aspects de production comme la légalité, les réglementations en matière de sécurité alimentaire et les spécifications d'emballage, jusqu'aux détaillants et aux établissements agréés, sont des sujets brûlants à considérer. Bien que des comparaisons soient souvent faites entre l'usage du cannabis et l'alcool, la seule vérité qui se solidifie est qu'il n'y a tout simplement pas assez de temps ou d'argent consacré à la recherche sur le cannabis.

Ce que nous savons, c'est que la biodisponibilité des cannabinoïdes varie selon les différentes méthodes de consommation. Lorsqu'une personne ingère du cannabis par le biais d'un produit comestible, la proportion de THC et de CBD actifs qui pénètre dans la circulation sanguine varie d'une personne à l'autre. Cependant, il est largement reconnu que l'ingestion est la méthode la plus efficace pour en ressentir les effets.

Les avantages de l'ingestion de produits comestibles sont enthousiasmants pour beaucoup, non seulement en raison de leur absorption efficace, mais aussi de la capacité des consommateurs à choisir plus précisément une dose avec laquelle ils sont à l'aise.

D'autres facteurs externes peuvent, bien sûr, atténuer ou aggraver l'absorption des cannabinoïdes, comme l'alcool, qui accélère la métabolisation des cannabinoïdes actifs dans la circulation sanguine. Cela représente un ensemble de menaces pour les entreprises souhaitant se lancer sur le marché des produits comestibles, ainsi que pour les établissements titulaires d'une licence d'alcool, tels que les restaurants qui servent déjà de l'alcool.

Alors que de nombreux consommateurs ne sont peut-être pas pressés de se lancer dans la consommation de cannabis à fumer, Mark Whitmore, vice-président et leader mondial de Deloitte Private, a laissé entendre qu'il y a beaucoup d'argent à faire dans le secteur des produits comestibles. Les produits comestibles à base de cannabis devraient représenter environ 60 % du marché du cannabis de 7,17 milliards de dollars, selon le rapport sur le cannabis 2018 de Deloitte. De plus, les répondants à l'enquête de Deloitte sont prêts à dépenser jusqu'à 10 % de plus pour un produit légal et réglementé, ce qui suggère que ce sera une grande entreprise à l'avenir.

Aspects légaux pour les entrepreneurs en produits comestibles en herbe

Des concepts créatifs pour les produits comestibles infusés au cannabis commencent à émerger au Canada, et ce, avant même leur légalisation. Des suppléments de récupération sportive infusés au cannabis aux vins et bières désalcoolisés infusés, en passant par les confiseries, tout est exploré par des entrepreneurs qui espèrent s'emparer d'une part du marché du cannabis. Des questions sont déjà en discussion, comme les licences qui seront requises et si les établissements déjà autorisés à servir de l'alcool pourront également servir des boissons infusées au cannabis, compte tenu de l'effet négatif du mélange des deux.

Il a également été mentionné lors du Guide GBC sur les produits comestibles et les boissons infusés au cannabis par Richard Anderson, directeur général de Smart Serve Ontario, qu'il sera important pour les établissements de former leur personnel de salle à reconnaître un tout nouvel ensemble de symptômes d'altération afin de minimiser leur responsabilité.

L'une des raisons de la longue attente réglementaire pour les produits comestibles est que, dans ce cas, le marketing peut avoir un impact considérable sur la consommation, en particulier chez les enfants. Avec les futures réglementations sur les produits comestibles, quelles qu'elles soient, vous pouvez parier que les exigences en matière de marque ne permettront pas l'utilisation de couleurs vives, de personnages ou de tout autre aspect susceptible d'attirer les enfants. Comme on l'a appris à Vancouver au début de la semaine dernière, les produits comestibles devront être facilement distinguables des produits de consommation courants, a averti Chad Finkelstein de Dale & Lessmann LLP.

L'image de marque s'annonce comme l'un des plus grands défis pour les spécialistes du marketing du cannabis, avec des réglementations strictes exigées pour l'emballage. Selon Santé Canada, les sacs de cannabis doivent être opaques ou translucides, ne pas avoir d'images ou de marques à l'intérieur ou à l'extérieur, ne pas contenir de composants de réalité virtuelle, et ne pas dégager d'odeur ou de son, entre autres restrictions, laissant un espace minimal pour la reconnaissance de la marque.

Même avec l'événement GBC FIRST, qui était parrainé par Haven Street, une entreprise de dispensaires de cannabis haut de gamme, le marketing traditionnel jouera un rôle minimal dans l'industrie du cannabis. Tout comme les restrictions sur la promotion du tabac, la publicité sur le cannabis sera très probablement limitée au point de vente, ce qui rendra le marketing de marque difficile à réaliser.

À partir de maintenant, il y aura beaucoup à apprendre de l'industrie. Alors que nous naviguons dans ce qui est un territoire inexploré pour le Canada, la façon dont nous commercialisons les produits et la façon dont nous percevons les produits comestibles changeront sans aucun doute.

L'amour est un mot que je n'ose pas déprécier. Construit avec intention, soin et respect par Bryce Kirk