
Le point de vue de Guelph : Parlez, parlez de l’agriculture canadienne
Par Len Kahn, président, Kahntact
Les agriculteurs canadiens ont toujours eu une relation quelque peu linéaire avec les consommateurs. Les agriculteurs offrent une abondance de choix alimentaires sécuritaires, nutritifs, facilement accessibles et abordables. Les consommateurs achètent et apprécient cette nourriture – et ne posent pas trop de questions. C’est une relation fondée sur la confiance qui a résisté à l’épreuve du temps. Jusqu’à maintenant.
Aujourd’hui, les consommateurs continuent de vouloir tout cela. Mais au-delà de cela, beaucoup veulent aussi savoir comment et où leur nourriture est produite, qui la produit, ce qu’elle contient (et, tout aussi important, ce qui n’en contient pas), quel impact la production de leur nourriture a sur l’environnement, et quels intrants sont utilisés. Dans le cas de l’agriculture animale, ils veulent aussi savoir si la nourriture est produite humainement? En d’autres mots, l’entente a changé.
Les consommateurs modernes ne se contentent plus d’être des moutons
La question est pourquoi? Il y a un vieux dicton qui dit : « Si tu n’as pas faim, tu as beaucoup de problèmes. Si tu as faim – un seul. » Au Canada, nous n’avons pas faim. Nous vivons dans une société aisée avec une abondance de nourriture et de choix alimentaires. Bien que la faim existe au Canada, elle est principalement due aux inégalités sociales et aux problèmes de distribution. Nous produisons plus qu’assez de nourriture pour satisfaire les besoins des Canadiens – et aussi pour exporter d’immenses quantités de cultures, de bétail et d’aliments transformés à travers le monde.

Les consommateurs, qui disposent de plus de temps, d’information et de richesse que jamais auparavant, posent des questions difficiles. En tant que parties prenantes de l’industrie agricole et agroalimentaire, nous devons être prêts à ouvrir nos cœurs et nos fermes pour répondre à cette demande d’informations plus approfondies et de meilleure qualité sur le système canadien de production agricole et alimentaire.
Il est temps que le secteur agricole fasse son entrée sous le soleil
Pour commencer, la communauté agricole, qui a traditionnellement évité l’attention du public, doit être plus disposée à s’exprimer et à partager les nombreuses bonnes nouvelles associées à notre industrie. Par exemple, rien que l’an dernier, le programme CleanFarms de CropLife Canada a collecté plus de 5,2 millions de contenants vides de pesticides et d’engrais, et près de 300 000 sacs vides de semences et pesticides ont été retournés. De nouvelles technologies mettent à profit ces déchets de plastique et de papier, les transformant en toute sécurité en matériaux utiles comme des tuiles de drainage agricole, des bancs de parc et d’autres produits de consommation à base de plastique et de papier.
Sans parler du fait qu’aujourd’hui, la famille canadienne moyenne dépense moins de 10% de son revenu disponible en nourriture. Et que nous disposons de l’une des réserves alimentaires les plus sûres, fiables et diversifiées au monde. Ce sont des choses qui valent la peine d’être discutées et pour lesquelles on s’attribue le mérite.

Il incombe aux groupes agricoles, et même aux agriculteurs individuels, d’être prêts à s’exprimer et à défendre leurs intérêts, d’une manière qu’ils n’avaient pas eu à faire auparavant. Cela peut impliquer de suivre une formation aux médias ou d’intégrer des ressources de communication destinées aux consommateurs.
Semer des graines numériques pour faire avancer la conversation
Des gens comme Bruce Sargeant (@FarmBoyProd), Owen Roberts (@TheUrbanCowboy) et Andrew
Campbell (@FreshAirFarmer) ont démontré que nous pouvons faire progresser les choses en ce qui concerne la mise en lumière des enjeux alimentaires et agricoles de manière positive. De plus, des groupes comme le Centre canadien pour l’intégrité alimentaire et Farm & Food Care jouent un rôle plus important dans la promotion de la conversation agricole auprès des consommateurs.
C’est un nouveau jour – un jour où le système de production alimentaire du Canada est sous l’examen de la part de consommateurs curieux et avides d’information. Il est impératif que les agriculteurs et les organisations basées sur les agriculteurs se mobilisent et répondent à cette demande de dialogue positif autour de la production alimentaire. Non seulement lorsque l’industrie fait face à un défi ou une crise spécifique, mais aussi de façon continue.
Êtes-vous prêt à relever le défi?