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Silhouette de Montréal

Vous connaissez le Canada; Mais connaissez-vous le Québec?

Se connecter avec les consommateurs au Québec demande plus qu’une simple traduction de vos communications marketing en anglais. Les Québécois forment une société distincte avec le Canada, avec des opinions, des préférences et des comportements distincts. Si vous ne comprenez pas cela, vous ne pouvez pas réussir sur ce marché.

La présidente de Nourish, Jo-Ann McArthur, inspirée par l’Année des résultats de recherche de Google pour le Canada en 2020, s’est entretenue avec notre spécialiste numérique - Québec, Victor Yu, pour obtenir des conseils.

Source : https://trends.google.com/trends/yis/2020/CA/

Jo-Ann : Victor, on voit plusieurs recettes de pain et beaucoup de plats réconfortants dans ce qui a été tendance en 2020! Nous savons qu’en 2021, moins de consommateurs prennent des résolutions liées à l’alimentation en 2021. Mais cela a toujours été le cas au Québec, où les gens sont moins enclins à faire un régime et sont plus susceptibles de simplement surveiller leur poids. On sait aussi que les Québécois mangent plus souvent le dessert. Pourquoi « régime alimentaire » est-il un gros mot au Québec?

Victor : Québec est une province distincte avec une grande fierté locale pour la langue, la culture et, bien sûr, la nourriture. La culture culinaire québécoise puise ses racines dans l’histoire française, britannique et autochtone, et est surtout connue pour ses aliments riches et gras comme la viande tourtière, la poutine et le fromage! Comme dans de nombreuses cultures, surtout européennes, la nourriture est synonyme et une partie centrale de la socialisation avec les amis et la famille. Nous ne sommes pas contre l’amélioration de nos choix de vie par l’exercice et de meilleures habitudes alimentaires, mais nous n’en sommes pas obsédés! En un sens, faire un régime ou se limiter signifierait limiter notre « joie de vivre », quelque chose qui non seulement nous relie à notre culture distincte, mais aussi à nos liens sociaux importants.

J : On constate aussi que trois des dix recettes les plus populaires au Québec sont liées à des personnalités locales québécoises. Le Québec a toujours eu sa propre structure d’étoiles beaucoup plus solide que celle du Canada anglais, donc je suppose que ça ne devrait pas être surprenant.

V : Non seulement les personnalités locales sont plus importantes, mais la nourriture locale l’est aussi. Les Québécois se voient comme une société distincte du reste du Canada (et de l’Amérique du Nord); Par conséquent, protéger et célébrer cette identité est une priorité. En conséquence, nous avons tendance à soutenir les produits et entreprises locaux plus que les autres Canadiens. Faire partie de cette province distinctement québécoise au milieu de ce vaste continent anglo-nord-américain nous fait sentir un fort sentiment d’appartenance et de responsabilité envers notre société et notre économie locales. Cela se reflète dans tous nos choix, des médias locaux aux détaillants locaux et aux produits alimentaires locaux.

Le critique culinaire Jacob Richler a écrit que la cuisine québécoise est mieux définie que celle du Canada, en raison d’une barrière linguistique liée à la culture dominante des États-Unis et du fait qu’elle a eu plus de temps pour se développer.

J : Et est-il vrai que les Québécois ont aussi tendance à souper plus tôt et à rester plus longtemps à table, y compris à manger le dessert plus souvent que le reste du Canada?

V : En général, les Québécois commencent à se rassembler dans la cuisine à 17 h, où les familles cuisinent souvent ensemble et mangent plus lentement que les autres Canadiens. Bien qu’il semble tôt pour commencer le souper, c’est probablement lié à la tradition française du « cinq à sept » (de cinq à sept heures), qui peut se partager à la maison, dans un bar ou un restaurant. C’est un moment où nous partageons un verre de vin et des amuse-bouches (entrées) et nous traînons jusqu’à l’heure du souper et après. Le seul équivalent dans le Canada anglophone serait « Happy Hour », qui est plus spécifique à prendre un verre après le travail (généralement à partir de 16 h) et qui est moins orienté vers la famille.

J : Et cela inclut de manger des desserts plus souvent que dans le reste du Canada.

V : Au 21e siècle, le dessert est peut-être un luxe, mais à ses débuts, les ancêtres québécois avaient besoin de ces calories supplémentaires pour traverser une dure journée de travail dans l’un des climats les plus froids d’Amérique du Nord. Beaucoup de ces desserts riches en crème et en sucre sont devenus un incontournable de la culture québécoise, comme le Pouding Chômeur (qui se traduit littéralement par pudding du chômage) et la Tarte au Sucre. Les tourtes au sucre sont simplement une garniture de sucre et de sirop d’érable mélangée à un peu de crème, beaucoup de beurre, un peu de farine et une pincée de sel cuites dans une pâte à tarte.

Bien que la culture traditionnelle des desserts au Québec tourne autour du sirop d’érable (avec 91% de la production canadienne provenant du Québec), il existe une influence importante de nombreuses cultures, surtout celles de Montréal. Les croissants français et les pâtisseries délicates sont facilement accessibles, tout comme des pâtisseries grecques, libanaises, indiennes et italiennes, pour n’en nommer que quelques-unes.

Fait intéressant, on observe un regain de fierté et l’utilisation d’éléments de la forêt boréale dans des desserts comme le trèfle doux (une alternative locale abordable à la vanille) et les baies nordiques comme le nerprun et les baies de miel (aussi appelées haskap).

J : Et est-il vrai que les Québécois ont un palais plus aventureux?

V : Montréal s’est forgé la réputation d’être l’une des capitales culinaires du Canada et de l’Amérique du Nord en incorporant d’anciennes traditions dans des idées novatrices et en les présentant de façon moderne et inspirée.

Des chefs renommés comme Martin Picard, David McMillan et Charles-Antoine Crête ne sont que quelques-uns des nombreux chefs talentueux qui repoussent les limites de la cuisine québécoise et sa notoriété sur la scène internationale. En tant que locaux, nous sommes gâtés non seulement par le multiculturalisme de la ville, mais aussi par l’ingéniosité des chefs qui met en lumière notre ville. Il serait difficile pour moi de dire ce qui est venu en premier – notre palais pour l’aventure ou les options culinaires audacieuses offertes sur les menus de notre restaurant local!

« Québec est un endroit où l’on peut vendre tout, du barquet au lapin, et chaque partie de l’animal est mise au menu. » -Chef Normand Laprise de Toqué!

J : Et en même temps, les Québécois sont plus méfiants envers les aliments génétiquement modifiés comparativement au reste du Canada?

V : Cela revient à notre confiance et notre confiance envers les produits locaux plutôt que les options biologiques souvent expédiées de milliers de kilomètres. Les produits sont cueillis et traités selon des normes que nous ne connaissons pas ou sur lesquelles nous n’avons pas de contrôle. Les aliments génétiquement modifiés sont perçus négativement pour des raisons similaires, ce qui suscite le doute dans notre esprit. Les aliments locaux ont une bien meilleure réputation grâce à nos chefs locaux et vedettes qui les promeuvent ainsi qu’à l’étiquette Aliments du Québec qui les soutient, sans oublier que les prix sont généralement meilleurs.

J : Et qu’en est-il des habitudes de boire et de manger au restaurant?

V : Les tendances nationales indiquent une réduction globale de la consommation d’alcool, ce qui affecte aussi la consommation au Québec. Cependant, le Québec continue de dominer les autres provinces en consommation par habitant de vin, de bière et de gin dernièrement. Plusieurs facteurs entrent en jeu; historiquement, le vin et la bière étaient importés au Québec par les Français, la bière est légale à vendre dans les épiceries de quartier, et l’âge légal pour boire est de 18 ans au lieu de 19 ans comme dans la plupart des autres provinces.

De plus, compte tenu du nombre plus élevé de gourmets prêts à découvrir de nouveaux produits et saveurs, c’est un endroit idéal pour que l’industrie de la bière artisanale en vogue prospère, en plus des types locaux et spécialisés de gin. (Voici une liste de 134 gins locaux différents : https://www.lesginsduQuébec.com/en/gins)

Avant la COVID, manger au restaurant était l’un des principaux moyens de socialiser avec ses proches et ses amis.

La variété des saveurs et le choix sont essentielles, et c’est probablement pour cela que Montréal compte le plus grand nombre de restaurants indépendants par habitant au pays et plus de restaurants par habitant que n’importe quelle autre ville en Amérique du Nord. Une offre culturelle importante est l’option « apportez votre propre vin » dans plusieurs restaurants. Pour un prix de bouchon symbolique, les gens profitent d’une expérience de restauration complète sans payer les prix d’alcool plus élevés que les restaurants facturent. Tout cela nous manque cruellement en cette période difficile pour l’industrie de la restauration et ses chaînes d’approvisionnement.

L’amour est un mot que je n’ose pas diminuer. Construit avec intention, soin et respect par Bryce Kirk