
Où est le bœuf alors que la demande pour les substituts de viande augmente?
En 1984, cherchant à accroître la notoriété de la marque et à obtenir un avantage concurrentiel face à de grandes chaînes de restauration rapide plus établies comme McDonald’s et Burger King, Wendy’s a lancé ce qui allait bientôt devenir une campagne publicitaire emblématique utilisant la phrase fétiche « Où est le bœuf? »
(Si vous êtes trop jeune pour le savoir ou que vous avez besoin d’un rappel, vous pouvez regarder les spots télé ici : https://youtu.be/riH5EsGcmTw)
La campagne, mettant en vedette la merveilleusement grincheuse Clara Peller, mettait l’accent sur le gros pain et la petite galette des concurrents, comparativement au burger comparativement plus gros de Wendy. La campagne a été un succès, et le slogan fait toujours partie de notre lexique culturel aujourd’hui.
De Où est le Bœuf à Où est la Feuille
Fait intéressant, Wendy’s pourrait facilement relancer la même campagne aujourd’hui, mais avec un tout autre objectif. À mesure que de plus en plus de consommateurs essaient – et dans certains cas passent à – des alternatives à base de viande végétale, les chaînes de restauration rapide s’y rattachent. La plupart des grands établissements de restauration rapide offrent maintenant au moins une alternative végétale à leur menu traditionnel à base de viande. Même Wendy’s a suivi la tendance avec leur galette à base de plantes Plantiful™, bien que celle-ci ait disparu du menu à cause du retard d’adoption.
Plusieurs facteurs alimentent cette tendance. Cela inclut l’environnement (la croyance que la production animale contribue aux changements climatiques et a d’autres impacts environnementaux), la santé (la croyance que les sources de protéines du bétail sont intrinsèquement moins saines que les sources végétales) et l’éthique (la croyance que manger des animaux n’est pas moral).
Alors, comment ça se passe à la ferme? Les producteurs d’élevage canadiens ressentent-ils la pression? Craignent-ils que les alternatives à la viande végétale deviennent courantes, réduisant leurs revenus et peut-être déplacant leurs moyens de subsistance plus tard? La réponse, du moins jusqu’à présent, est — pas tellement.

Pour les agriculteurs, la nourriture reste de la nourriture, peu importe comment elle est cultivée
Crystal Mackay, fondatrice et PDG de Loft32 et ancienne présidente du Centre canadien pour l’intégrité alimentaire, note que de nombreux producteurs d’élevage considèrent simplement les protéines végétales comme un autre concurrent pour une part du dollar alimentaire à consommation. Et dans bien des cas, les protéines de bœuf et les protéines végétales sont en fait assez complémentaires.
Par exemple, Champignons Canada et Éleveurs de bœufs de l’Ontario s’associent dans le cadre de l’initiative unique Mélange et Extension , vantant les avantages de la possibilité de mélanger champignons et bœuf. Selon Mackay, la plupart des éleveurs reconnaissent que la viande et les légumes vont bien ensemble; L’émergence de produits protéiques végétaux transformés est plus ou moins une extension de cette réalité.
Amie Peck, gestionnaire de l’engagement des parties prenantes pour l’Association canadienne des éleveurs, ajoute que plus de 60% des producteurs canadiens de bœuf exploitent des entreprises mixtes de bœuf et de cultures. À mesure que la demande pour les produits d’origine végétale augmente, plusieurs de ces producteurs bénéficient de cette augmentation. Et il y a aussi un aspect environnemental; Dans les exploitations mixtes de cultures et d’élevage, si les cultures sont endommagées par les intempéries ou les nuisibles ou sont impropres à la consommation humaine d’une quelconque manière, elles peuvent souvent être données au bétail plutôt que d’être gaspillées ou mises en décharge.
Peck souligne que « le bœuf et les végétaux sont entièrement compatibles, tant dans l'assiette sur le plan nutritionnel que sur le plan de la production ». Ce point est réitéré par Jill Harvie, leader d'opinion et productrice de bœuf de l'Alberta.
Les substituts de viande demeurent un marché de niche — pour l'instant.
En fin de compte, pour les producteurs de bœuf et d'autres animaux d'élevage, l'émergence et la croissance des protéines végétales ne sont qu'un non-événement. Les sources de protéines alternatives et végétales occupent un très faible pourcentage de la part de marché de la viande au détail, bien que, comme Peck me l'a dit, cette part augmente régulièrement. De plus, les Canadiens montrent une affinité continue et forte pour le bœuf, la demande ayant fortement augmenté au début des confinements liés à la COVID-19 et maintenu des niveaux solides tout au long de la pandémie.
Pour l'instant, la réponse à la question « Où est le bœuf? » est : « là où il a toujours été. » Dans le panier d'épicerie, sur le gril et dans les assiettes des consommateurs canadiens!
P.S. Un peu de perspective pour vous tous : à l'approche de la fête des Pères, j'ai pensé à mon père et à son parcours (il est décédé en 1990). Quand il a émigré au Canada en 1939 avec ses parents, ses quatre frères et sa grand-mère, ils sont partis de rien. La ferme qu'ils avaient achetée, qui devait inclure une grange pleine de porcs, était vide à leur arrivée; ils n'avaient littéralement que la terre sous leurs bottes. Les disputes pour la nourriture à table étaient courantes et, d'après ce que j'ai entendu, pouvaient devenir très désagréables.
Pouvoir débattre des mérites des protéines végétales par rapport aux protéines animales est une bénédiction. Bien que la pauvreté et la faim soient toujours présentes au Canada, et que nous devions continuer à nous y intéresser et à y remédier, pour la plupart des Canadiens, savoir d'où viendra leur prochain repas n'est pas un défi quotidien. Pour cela, nous pouvons tous être reconnaissants.