
Le point de vue de Guelph : la santé mentale et le bien-être à la ferme
Réfléchir clairement à la santé mentale en agriculture
Les agriculteurs sont par nature des personnes indépendantes et discrètes. Ils ont traditionnellement adhéré à une philosophie de « se prendre en main » lorsqu'il s'agit de prendre soin de leur bien-être émotionnel. Bien que les agriculteurs soient d'excellents intendants de la terre et des protecteurs de leur bétail et de leur famille, prendre soin de leur propre santé physique et mentale n'est pas toujours une priorité.
Cependant, une incidence accrue de suicides dans les communautés agricoles à travers le Canada a conduit à accorder plus d'attention à ce sujet crucial. Bien que le Canada ne dispose pas de données spécifiques sur les taux de suicide au sein de la communauté agricole, une étude de 2016 de l'Université de Guelph a révélé que les agriculteurs sont parmi les plus vulnérables en matière de problèmes de santé mentale. En 2018, le journal Western Producer a rapporté les résultats d'un sondage mené auprès de 1 000 agriculteurs canadiens : 45 % d'entre eux souffraient de niveaux de stress élevés, 58 % signalaient des symptômes d'anxiété et 35 % étaient aux prises avec la dépression. Il est alarmant de constater que tous ces chiffres sont bien plus élevés que ceux observés dans la population générale.
L'idéal romantique de la vie à la ferme ne reflète pas toujours la réalité
L'agriculture peut être une vocation solitaire, remplie de pression et d'incertitude. La météo et les marchés ne peuvent pas être contrôlés. Les courtes saisons de croissance, les investissements de démarrage et saisonniers, ainsi que les longues heures de travail avec des machines et des équipements dangereux, ajoutent au stress. Et, lorsque l'on ajoute l'énorme responsabilité de produire des aliments sains et nutritifs pour un marché de consommation en constante augmentation, le stress et la pression combinés peuvent être accablants.
Ce qui complique le tout, c'est le fait que les agriculteurs vivent dans de petites communautés rurales où la stigmatisation associée à la santé mentale, combinée à un système fragmenté de services et de soutiens en santé mentale, rend encore plus difficile de demander de l'aide.
Heureusement, l'industrie agricole en prend note. Des initiatives récentes telles que la Do More Agriculture Foundation (https://www.domore.ag/), Au Cœur des Familles Agricoles (https://acfareseaux.qc.ca/fr), Enracinés dans la force de Financement agricole Canada et l'Initiative nationale 4-H pour une vie saine sont toutes conçues pour aider les agriculteurs et les familles agricoles à aborder plus ouvertement la santé mentale et le bien-être. De plus, le gouvernement fédéral et de nombreux gouvernements provinciaux fournissent également des fonds et des programmes pour aider les agriculteurs à obtenir de l'aide, à partager des informations et à offrir du soutien.
Dans le monde agricole actuel, en constante évolution et rempli de pression, se faire dire de « se prendre en main » ne suffit plus. Nous avons tous la responsabilité d'être vigilants pour repérer les signes avant-coureurs de stress, d'anxiété et de dépression, et d'être prêts à intervenir, à parler et à offrir du soutien lorsque cela est nécessaire. Pour ceux d'entre nous qui travaillent dans l'industrie, apporter un soutien financier à une ou plusieurs des organisations ou initiatives qui contribuent à faire une différence est un investissement judicieux pour un avenir plus sain de l'ensemble du secteur agricole!