
Le point sur l'agriculture : Le commerce sera le moteur de l'agriculture en 2020 et au-delà
Alors que la valeur de l’économie agricole et agroalimentaire canadienne continue de croître (l’agriculture et l’agroalimentaire ont contribué à plus de 49 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) en 2019), les enjeux et les gains potentiels augmentent pour tous les acteurs du secteur. Un rapport récent de la Banque Royale RBC indique qu’avec un soutien approprié, le secteur agricole pourrait contribuer 11 milliards de dollars supplémentaires au PIB canadien d’ici 2030, le rendant plus productif que la fabrication automobile et l’aérospatiale réunies.
Il y a un facteur que nous croyons avoir l’impact le plus significatif sur la santé de l’économie agricole canadienne dans les prochaines années, et probablement au-delà – le commerce.
L’effet CUSMA
Le commerce international des produits agricoles canadiens est depuis des décennies le principal moteur du secteur agroalimentaire canadien. Selon l’Alliance canadienne pour le commerce agroalimentaire (CAFTA) :
- Le Canada exporte la moitié de notre bœuf/bovins, 70% de notre soya, 70% de notre porc, 75% de notre blé, 90% de notre canola et 95% de nos légumineuses
- Plus de 90% des agriculteurs canadiens dépendent des exportations et environ 40% de notre secteur de transformation alimentaire
- Un emploi sur deux dans la production agricole dépend des exportations et un emploi sur quatre dans la fabrication alimentaire
- Au cours des dix dernières années au Canada, les exportations agricoles et agroalimentaires ont augmenté de 103%, augmentant les recettes de trésorerie agricoles de 46% sur la même période.
Quelques facteurs majeurs devraient influencer le commerce des produits agricoles canadiens cette année. Bien que le nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (CUSMA) ne soit pas entièrement ratifié, il devrait l’être sous peu. Comme pour d’autres accords commerciaux, les résultats ne seront pleinement connus qu’avec le temps. Et comme pour tous les changements de politique, on s’attend à ce qu’il y ait des gagnants et des perdants dans chaque secteur.
Un secteur qui peut s’attendre à être affecté négativement est l’industrie laitière gérée par l’offre. En février, Saputo Inc. a annoncé qu’elle fermerait deux installations canadiennes, coupant près de 300 emplois, alors qu’elle cherche à réduire les coûts.
Bien que cela puisse ou non être lié à l’ACUM, il semble certainement que cela ait joué un rôle. Reste à voir comment le nouvel accord commercial trilatéral aura l’impact sur d’autres secteurs, mais cela mérite certainement d’être surveillé.
Le facteur Chine
Les relations commerciales avec la Chine demeurent étroitement liées à la politique, tant bilatérale qu’internationale. Selon l’ALCAFA, la Chine est devenue la troisième destination mondiale pour les produits agricoles et devrait devenir le plus grand importateur agricole mondial d’ici 2020. La Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial national bidirectionnel du Canada, après les États-Unis.
La Chine est également le deuxième plus grand marché d’exportation agricole du Canada, ayant absorbé 4,7 milliards de dollars de produits agricoles et agroalimentaires canadiens en 2014. Contrairement à plusieurs partenaires commerciaux du Canada, les exportations vers la Chine ont augmenté régulièrement et n’ont pas diminué pendant la crise économique mondiale.
En 2019, la relation du Canada avec la Chine était, pour le moins, problématique. Les tensions politiques liées aux relations États-Unis/Chine (notamment la détention du directeur financier de Huawei, Meng Wanzhou, par les autorités canadiennes à la demande des États-Unis) ont freiné les exportations canadiennes de nombreux produits agricoles, notamment le soja, le canola et les produits carnés. (L’interdiction des produits carnés est au moins théoriquement liée à un faux document d’inspection trouvé sur un envoi de porc.)
Ce que 2020 apportera à la relation commerciale Canada/Chine fait débat. L’accord commercial de phase 1 récemment signé entre la Chine et les États-Unis n’a pas apporté beaucoup de clarté aux Canadiens. Alors que Pékin s’est engagé à acheter 200 milliards de dollars américains supplémentaires en produits américains au cours des deux prochaines années, incluant entre 40 et 50 milliards de dollars américains en produits agricoles, il n’est pas clair comment les exportations agricoles canadiennes seront affectées. Alors, pour les exportateurs canadiens de céréales, d’oléagineux et de bétail – restez à l’écoute et restez prêts!