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title: Vous connaissez le Canada; mais connaissez-vous le Québec?
date: 2021-01-07T01:00:00-07:00
author: Nourish
canonical_url: "https://www.nourish.marketing/fr/news/you-know-canada-but-do-you-know-quebec"
section: News
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Rejoindre les consommateurs québécois, ça prend bien plus qu'une simple traduction de vos communications marketing anglaises. Les Québécois forment une société distincte au sein du Canada, avec ses propres opinions, préférences et comportements. Si vous ne le comprenez pas, vous ne pouvez pas réussir sur ce marché.

Jo-Ann McArthur, présidente de Nourish, s'est entretenue avec notre spécialiste numérique au Québec, Victor Yu, pour obtenir des perspectives inspirées des résultats Google Année en recherche 2020 pour le Canada.

**Jo-Ann:** Victor,on voit plusieurs recettes de pain et beaucoup de plats réconfortants parmi les tendances de 2020! On sait que de moins en moins de consommateurs prennent des résolutions liées à la diète en 2021. Mais ça a toujours été le cas au Québec, où les gens sont moins enclins à faire des diètes et préfèrent simplement surveiller leur poids. On sait aussi que les Québécois mangent plus souvent du dessert. Pourquoi la « diète » est-elle un gros mot au Québec?

**Victor:** Le Québec est une province à part, avec une grande fierté locale pour sa langue, sa culture et, bien sûr, sa bouffe. La culture alimentaire du Québec a des racines françaises, britanniques et autochtones, et est surtout reconnue pour ses aliments riches et généreux : la tourtière, la poutine, le fromage! Comme dans beaucoup de cultures, surtout les cultures européennes, la bouffe est synonyme de socialisation et en est au cœur. On n'est pas contre l'amélioration de nos habitudes de vie par l'exercice et une meilleure alimentation, mais on n'en fait pas une obsession! D'une certaine façon, faire une diète ou se limiter reviendrait à brider notre joie de vivre, quelque chose qui nous connecte non seulement à notre culture distincte, mais aussi à nos liens sociaux importants.

**J:** On remarque aussi que trois des dix recettes les plus recherchées au Québec sont liées à des personnalités locales. Le Québec a toujours eu son propre star-système, bien plus fort que celui du Canada anglais, alors c'est peut-être sans surprise.

**V:** Non seulement les personnalités locales sont plus importantes, mais c'est la même chose pour les produits locaux. Les Québécois se perçoivent comme une société distincte du reste du Canada et de l'Amérique du Nord; protéger et célébrer cette identité est donc une priorité. On a tendance à soutenir les produits et les entreprises d'ici plus que les autres Canadiens. Faire partie de cette province distinctement québécoise au cœur de ce vaste continent anglo-nord-américain nous donne un fort sentiment d'appartenance et de responsabilité envers notre société et notre économie locales. Ça se reflète dans tous nos choix, des médias locaux aux détaillants et aux produits alimentaires d'ici.

Le critique gastronomique Jacob Richler a écrit que la cuisine québécoise est mieux définie que la cuisine canadienne dans son ensemble, grâce à une barrière linguistique avec la culture dominante américaine et à un temps de développement plus long.

**J:** Est-il vrai que les Québécois ont aussi tendance à souper plus tôt et à s'attarder plus longtemps à table, notamment en mangeant plus souvent du dessert que le reste du Canada?

**V:** En général, les Québécois commencent à se rassembler dans la cuisine vers 17 h, où les familles cuisinent souvent ensemble et mangent à un rythme plus lent que les autres Canadiens. Même si ça semble tôt pour commencer le souper, c'est probablement lié à la tradition du cinq à sept, qui peut se vivre à la maison, au bar ou au restaurant. C'est le moment de partager un verre de vin et quelques bouchées, avant de glisser tout naturellement vers le souper et la soirée.

**J:** Et ça inclut manger du dessert plus souvent que le reste du Canada.

**V:** Au XXIe siècle, le dessert peut sembler une indulgence, mais dans les débuts, les ancêtres québécois avaient besoin de ces calories supplémentaires pour traverser de dures journées de travail dans l'un des climats les plus froids d'Amérique du Nord. Beaucoup de ces desserts riches en crème et en sucre sont devenus des piliers de la culture québécoise, comme le pouding chômeur et la tarte au sucre. La tarte au sucre, c'est simplement un appareil de sucre et de sirop d'érable mélangé à de la crème, beaucoup de beurre, un peu de farine et une pincée de sel, le tout cuit dans une abaisse.

Si la culture du dessert traditionnel québécois tourne autour du sirop d'érable (91 % de la production canadienne provenant du Québec), l'influence de nombreuses cultures est importante, surtout celles qu'on trouve à Montréal. Les croissants français et les viennoiseries délicates sont faciles d'accès, tout comme les pâtisseries grecques, libanaises, indiennes et italiennes, entre autres.

On observe aussi une fierté renaissante et une utilisation croissante des éléments de la forêt boréale dans les desserts, comme le trèfle des prés (une alternative locale abordable à la vanille) et les baies nordiques comme l'argousier et la camerise.

**J:** Est-il vrai que les Québécois ont un palais plus aventureux?

**V:** Montréal s'est taillé une réputation de capitale gastronomique du Canada et de l'Amérique du Nord en faisant mariner les vieilles traditions dans des idées nouvelles et en les présentant de façon moderne et inspirée.

Des chefs renommés comme Martin Picard, David McMillan et Charles-Antoine Crête ne sont que quelques-uns des nombreux talents qui repoussent les limites de la cuisine québécoise et de sa notoriété sur la scène internationale. En tant que locaux, on est gâtés non seulement par le multiculturalisme de la ville, mais aussi par l'ingéniosité des chefs qui braquent les projecteurs sur notre ville. Il me serait difficile de dire ce qui est venu en premier : notre goût pour l'aventure ou les options culinaires audacieuses disponibles dans nos restaurants!

### « Le Québec, c'est un endroit où on peut vendre de tout, du pigeonneau au lapin, et toutes les parties de l'animal se retrouvent au menu. » — Chef Normand Laprise de Toqué!

**J:** Et en même temps, les Québécois sont plus méfiants envers les aliments génétiquement modifiés que le reste du Canada?

**V:** Ça rejoint notre confiance envers les produits locaux plutôt que les options biologiques, souvent importées de milliers de kilomètres. On ne connaît pas les standards de cueillette et de traitement utilisés là-bas, et on n'a aucun contrôle dessus. Les OGM sont perçus négativement pour des raisons similaires, semant le doute dans nos esprits. Les aliments locaux ont une bien meilleure réputation grâce à nos chefs et à nos personnalités qui les promeuvent, à la certification Aliments du Québec qui les identifie, et le prix est généralement meilleur aussi.

**J:** Et les habitudes de consommation d'alcool et de sorties au restaurant?

**V:** Les tendances nationales pointent vers une réduction générale de la consommation d'alcool, ce qui touche aussi le Québec. Mais le Québec continue de mener les autres provinces pour la consommation per capita de vin, de bière, et plus récemment, de gin. Plusieurs facteurs entrent en jeu : historiquement, le vin et la bière ont été importés au Québec par les Français; la bière est légale à vendre dans les dépanneurs; et l'âge légal pour boire est 18 ans plutôt que 19 ans comme dans la plupart des autres provinces.

De plus, avec un plus grand nombre de passionnés de bouffe prêts à explorer de nouveaux produits et de nouvelles saveurs, c'est un terreau idéal pour la bière artisanale tendance, en plus des gins locaux et spécialisés qui prolifèrent. (Voici une liste de 134 gins locaux différents : [https://www.lesginsduQuébec.com/en/gins](https://www.lesginsduquebec.com/fr/gins))

Avant la COVID, les sorties au restaurant étaient l'une des principales façons de socialiser avec ses proches.

La variété des saveurs et des choix est primordiale, et c'est probablement pourquoi Montréal compte le plus grand nombre de restaurants indépendants per capita du pays, et plus de restaurants per capita que n'importe quelle ville en Amérique du Nord. Une offre culturelle importante est l'option « apportez votre vin » dans de nombreux restaurants. Moyennant un léger droit de bouchon, les gens profitent d'une expérience de restauration complète sans payer les prix d'alcool plus élevés facturés en établissement. Tout ça, cruellement absent pendant cette période difficile pour l'industrie de la restauration et ses chaînes d'approvisionnement.
